Je vous traduis ici une dépêche de l’agence Reuters qui reprend une information passée totalement sous silence en France et nous venant d’Allemagne.

« BERLIN (Reuters) – Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, a averti les gouvernements de la zone euro contraints d’augmenter la dette publique pour soutenir leurs économies pendant la pandémie de coronavirus de ne pas s’attendre à ce que la Banque centrale européenne maintienne les taux d’intérêt bas pour toujours.

« Nous ne prendrons pas en considération les coûts du service de la dette souveraine si la stabilité des prix impose des taux d’intérêt plus élevés », a déclaré Weidmann, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, au journal Rheinische Post dans un discours publié jeudi.

« Dans leur propre intérêt, les gouvernements devraient se préparer à une hausse des taux d’intérêt et ne pas prétendre que leur dette peut être facilement remboursée », a déclaré Weidmann.

Sous le poids d’une récession induite par les coronavirus, les pays de l’Union européenne se sont mis d’accord plus tôt cette année sur un plan de reprise sans précédent de 750 milliards d’euros, financé par une émission conjointe de dette, un sujet autrefois tabou longtemps critiqué par l’Allemagne. Les États membres ont également contracté une nouvelle dette distincte pour soutenir leurs économies pendant la crise.

La Banque centrale européenne a approuvé un nouveau plan de relance ce mois-ci, affirmant que 2021 resterait difficile. Il a prédit que les vaccinations pourraient conduire à des niveaux suffisants d’immunité collective d’ici la fin de l’année ».

« Nous ne prendrons pas en considération les coûts du service de la dette souveraine » !!!

Je ne sais pas si l’on réalise bien la portée de cette phrase et des lourdes implications.

Cela veut dire qu’avec des taux d’intérêt à 3 % notre pays est tout simplement en faillite.

L’Italie, je n’en parle même pas.

L’augmentation des taux sur des pays endettés à plus de 120 ou 130 % du PIB n’est pas possible sans entraîner la faillite des Etats concernés…

Une manière également implicite de siffler la fin de partie au « quoi qu’il en coûte », car il y a toujours une limite à ce que l’on peut dépenser.

Je rappelle que la France c’est plus de 120 % de dettes sur PIB à ce stade, contre moins de 75 % pour l’Allemagne.

L’Allemagne en tous points est nettement mieux gérée que notre pays.

Charles SANNAT

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Agence de presse Reuters. com ici

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