Là-bas comme ici, nous sommes bercés de discours lénifiants qui viennent contredire la réalité.

D’un côté, des emplois qui disparaissent et le chômage qui monte et de l’autre, des officiels qui enchaînent sur le discours classique des “canuts” qui ne voulaient pas disparaître et des robots qui vont même créer de l’emploi…

La raison à ces mensonges ? Personne n’a la moindre idée de la façon de répartir la richesse dans un monde où cette redistribution n’est plus le fait du travail !

Pire, le travail c’est une forme d’aliénation (je ne parle pas de mon travail à moi, mais vider des poulets 7 heures par jour ça ne libère pas un homme). Imaginez un monde où personne n’aurait plus besoin de travailler…

Impossible pour le moment, le travail joue un rôle considérable dans la maîtrise et le contrôle des populations ainsi que de la vie sociale.

Charles SANNAT

Récemment, le fabricant chinois d’appareils électroménagers Midea Group a annoncé l’acquisition du producteur allemand de robots industriels Kuka. L’affaire de cinq milliards de dollars est sans doute une réussite pour le groupe Midea, mais est-ce une transaction gagnant-gagnant pour les ouvriers chinois ?

Aujourd’hui, la Chine est le plus grand producteur de robots industriels dans le monde, les ventes de ces robots au sein du pays ont augmenté de 16 % par rapport à l’année dernière. Cependant, la robotisation de masse de la production pourrait conduire à des suppressions d’emplois.

Par exemple, la semaine dernière la société Foxconn, l’usine chinoise d’assemblage des smartphones pour le géant américain Apple et son concurrent Samsung, a annoncé un grand projet pour robotiser ses lignes de production. Les robots devraient remplacer 60 000 employés.

En commentant les nouvelles sur les suppressions d’emplois chez Foxconn, le professeur de l’Institut chinois des relations de travail, Cao Jian, a déclaré à Sputnik que la préservation des emplois en parallèle de l’automatisation industrielle était l’un des sujets clés pendant la discussion entre les entreprises et l’État.

“Avec le développement de la robotique, des instruments de mesure de haute précision et avec l’intensification des technologies, les opérations de fabrication deviennent beaucoup plus faciles, même le personnel peu qualifié est capable de les effectuer” a estimé Cao Jian.

Très probablement, d’autres sociétés vont suivre l’exemple de Foxconn. La raison est le salaire minimum, qui a augmenté au cours des dernières années, à la fois en Chine mais aussi dans le monde de manière générale.

“Hormis dans le cas de la société Foxconn, je n’ai pas entendu parler de telles suppressions dans d’autres entreprises. Cependant, cette question est actuellement à l’ordre du jour du ministère du Travail”, a précisé l’expert.

Toutefois, M. Cao affirme qu’il ne faut pas s’inquiéter, car pour le moment la demande de main-d’œuvre chinoise dépasse l’offre.

“L’état du marché du travail, où la demande dépasse l’offre, va durer jusqu’à environ 2018, ce qui est bénéfique pour les travailleurs. Je ne pense pas que l’apparition de robots dans la production pourrait avoir un impact sérieux sur le marché du travail”, a ajouté l’expert chinois.

De plus, en dépit du fait que la Chine est un grand importateur de robots industriels, le pays reste à la traîne en ce qui concerne le paramètre d’automatisation. Selon les recherches de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT), en Corée du Sud, il y a 478 robots pour 10 000 ouvriers, aux États-Unis – 164. En Chine, ce chiffre n’est que de 36 robots. C’est pourquoi il est encore trop tôt pour s’inquiéter à ce sujet.

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