Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Nirav Modi, le célèbre diamantaire, se serait enfui en laissant derrière lui une ardoise de près de 1,8 milliard de dollars à la Punjab National Bank (PNB), la deuxième banque publique indienne.

Il a utilisé pas moins de 200 sociétés écrans pour recevoir les fonds de la fraude et les blanchir sous forme de terrains, or et autres pierres précieuses.

Un diamantaire très connu !

« L’affaire de la Punjab National Bank, cible d’une fraude de 1,8 milliard de dollars, braque le projecteur sur la corruption au sein du système bancaire public et du secteur diamantaire en Inde.

Il faisait régulièrement la une des magazines de mode, et ses diamants paraient les plus grandes actrices. Mais s’il est aujourd’hui au centre des médias, les raisons sont nettement moins glamour. Nirav Modi, célèbre patron de Gitanjali Gems, enseigne réputée de bijoux en Inde, est accusé d’être l’auteur d’une des plus grandes fraudes bancaires qu’ait jamais connues le pays.

Le célèbre diamantaire se serait enfui en laissant derrière lui une ardoise de près de 1,8 milliard de dollars à la Punjab National Bank (PNB), la deuxième banque publique du pays. Une escroquerie à laquelle State Bank of India (SBI) et l’Union Bank of India seraient également exposées à hauteur de plus de 200 millions de dollars chacune. «Nous n’avons pas d’exposition directe à Nirav Modi, mais à la banque PNB», a détaillé le président de la SBI.

Révélée par le manager de la PNB en charge de la filiale de Bombay, l’affaire repose sur le fait que des responsables aient fourni des lettres de crédit aux sociétés de Nirav Modi, et ce, sans suivre les procédures habituelles. Ces lettres qui font office de garantie auprès des banques internationales – dans ce cas, les filiales d’Union Bank of India, Allahabad Bank et Axis Bank à Hong Kong – ont permis au groupe d’obtenir des prêts en vue de financer l’importation de diamants. »

Des arrestations en série, une corruption bancaire endémique en Inde.

« Accusés d’avoir été à la manœuvre, trois responsables de la PNB ont été arrêtés samedi et transférés à la police jusqu’au 3 mars. Ces derniers auraient omis d’entrer les lettres de crédit dans le système de la banque en vue d’éviter les détections.

Selon la Banque centrale indienne, un banquier au moins en moyenne serait arrêté toutes les 4 heures pour implication dans une fraude. Entre 2015 et mars 2017, 5 200 fonctionnaires du secteur bancaire ont ainsi été pris la main dans le sac. «Ces employés ont été condamnés, sanctionnés et licenciés de leur service», indique la Banque centrale. »

Des fraudes toujours aussi évidentes, et toujours aussi importantes !

Alors aujourd’hui, cela tombe sur l’Inde, et je suppose que l’on nous expliquera que l’Inde c’est l’Inde, ce qui par certains côtés est vrai mais aussi totalement faux. La corruption et les rapines sous nos latitudes sont aussi nombreuses, et parfois plus coûteuses.

Ce sont leurs formes qui changent. Pas le fond.

Prenez l’affaire Drahi, non pas que je sois en train de sous-entendre qu’il s’agisse d’une fraude, mais l’empire Drahi, à savoir le groupe Altice, repose sur 50 milliards d’euros de dettes bancaires. Si Altice s’effondre, il y a quelques banquiers français qui couineront fort.

L’affaire Madoff, ce fut des dizaines de milliards de dollars envolés, et une belle chaîne de collusion.

L’affaire de l’ex-Crédit Lyonnais, ce n’était pas mieux.

En Italie, actuellement, quelques belles banques vacillent. Et ce n’est pas mieux qu’en Inde.

Sans oublier notre Société Générale et son affaire Kerviel ou certaines banques françaises embourbées en Grèce…

Si à chaque fois et dans chaque exemple, les raisons sont différentes, les pertes, elles, peuvent être très conséquentes.

Le drame dans tout cela, c’est que les banques censées rassurer les épargnants, aujourd’hui, inquiètent.

C’est plutôt bien pour les vendeurs d’or et de coffres-forts, mais leur succès repose en réalité sur la fragilité des banques et leur moralité défaillante.

C’est une question de confiance, et la confiance, depuis la nuit des temps, est bien LE problème majeur autour de l’argent.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
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Source Les Échos ici 

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