Au nouveau jeu qui veut gagner des milliards? C’est la Banque centrale de Russie qui est la grande gagnante puisque ses achats massifs de métal jaune lui font enregistrer une plus-value considérable compte tenu de l’appréciation de l’or sur le marché international l’or ayant gagné 10% environ dans les 6 derniers mois.

La Russie vient donc de gagner 10 milliards de dollars. Bon, comme vous le savez tout cela n’est qu’un gain théorique, mais mieux vaut un gain théorique qu’une perte théorique.

Surtout dans un monde où les Etats sont en train de saccager la valeur des monnaies, il ne faut pas être grand clair pour comprendre qu’à un moment ou à un autre, sous une forme ou sous une autre, la résolution ultime de cette crise de l’endettement généralisé sera monétaire.

Ce jour-là, comme la banque de Russie, mieux vaudra avoir de l’or que ses coffres remplis de mauvaises devises étrangères…

Pendant ce temps, en France, PJ GanMor, (c’est un anagramme codé que seuls les initiés de la tribu des insolents pourront décrypter) s’installe dans les sous-sol de la Banque de France pour opérer d’une manière pour le moins opaque et sans, à ma connaissance, ne serait-ce qu’un contrôle de la représentation nationale…

Charles SANNAT

Le cours de l’or continue de grimper. Depuis août 2018, le prix de l’once troy a enregistré une hausse de plus de 10% pour atteindre 1.328 $. Pendant la même période, la Banque de Russie a augmenté ses réserves d’or jusqu’à un niveau sans précédent, devenant ainsi le plus grand acheteur de ce métal précieux parmi les banques centrales mondiales.

Combien les lingots ont-ils rapporté et quelle sera la dynamique des prix?

Pourquoi le prix de l’or augmente

Le cours de l’or augmente traditionnellement en période d’instabilité mondiale et d’affaiblissement du dollar: pour protéger leurs actifs contre la dévaluation de la monnaie américaine, les investisseurs placent leur argent dans le métal précieux. L’économie mondiale étant secouée actuellement, ces derniers échangent donc leurs dollars contre des lingots.

Les négociations entre les États-Unis et la Chine sur la cessation de la guerre commerciale sont un facteur supplémentaire de pression sur le dollar ces derniers jours. Un accord commercial entre Pékin et Washington pourrait renforcer la demande en monnaies des pays émergents, ce qui entraînerait une baisse de l’intérêt général pour la devise américaine.
«Les espoirs d’un accord entre les USA et la Chine et la baisse du cours du dollar soutiennent les prix de l’or», a déclaré Georgette Boele, coordinatrice d’ABN Amro, à Reuters.

Le cours de l’or est également poussé par le changement de politique de la Réserve fédérale américaine (Fed). La plupart des acteurs du marché s’attendent à ce que la Fed marque une pause dans le cycle de durcissement de sa politique monétaire et n’augmente pas son taux directeur — ni en mars ni en juin. Ce qui affaiblit également les positions du dollar au profit de l’or.

Enfin, les perspectives de ralentissement de l’économie mondiale contribuent également à l’accroissement de la demande en or. Le Fonds monétaire international (FMI) et les principaux établissements d’investissement ont déjà annoncé que la croissance du PIB mondial en 2019-2020 serait inférieure aux prévisions.

Tout le monde achète

L’an dernier, les banques centrales mondiales ont acheté une quantité d’or record depuis 50 ans, soit un total de 27 milliards de dollars. Les plus gros volumes ont été achetés par la Banque de Russie (274,3 tonnes), notamment avec les dollars tirés de la vente des obligations américaines.

La Banque centrale de Russie a battu un record d’achat d’or de toute l’histoire mondiale

Selon les estimations du World Gold Council (WGC), la quantité de métal précieux détenu par les banques centrales a augmenté de 651 tonnes en un an. Il s’agit du plus gros volume depuis 1971, quand les États-Unis avaient renoncé à l’étalon-or. Pratiquement la moitié des achats a été effectuée par la Banque de Russie.
La Russie continue d’acheter de l’or dans le cadre de la dédollarisation de ses réserves, a constaté le WGC. Les 274,3 tonnes de l’an dernier sont le plus grand indicateur annuel de toute l’histoire pour toutes les banques centrales mondiales.

Les réserves de la Russie sont désormais à la 5e place mondiale devant la Chine, l’Inde et le Japon.

Toujours plus

La Banque de Russie possède actuellement 2.112 tonnes d’or — un record absolu pour la Russie contemporaine. En un an, ses réserves ont augmenté de presque 15%, et la part de l’or dans les réserves de change a atteint 18,5%.

Les analystes indiquent qu’à l’heure actuelle, l’équivalent monétaire universel devient plus attractif que les actifs rapportant des intérêts, notamment les obligations américaines. Pas étonnant, donc, que la Banque de Russie accumule aujourd’hui le métal précieux tout en réduisant ses investissements dans les titres américains, dont les ventes ont commencé encore en avril.

La Banque de Russie détient des obligations américaines pour seulement 12,8 milliards de dollars, alors qu’en 2010 ses placements dans la dette publique américaine avoisinaient 180 milliards de dollars.

La valeur de la réserve d’or russe en dollars a augmenté de manière impressionnante. Si, en 2009, il était question d’une somme à peine supérieure à 20 milliards, à présent les réserves d’or du pays se chiffrent à près de 90 milliards de dollars grâce à la part record du métal précieux dans les réserves de change et la hausse du cours. En l’espace de six mois, cela a rapporté près de 10 milliards de dollars à la Banque centrale.
Toutefois, la Banque de Russie n’accumule pas les lingots pour faire du profit. Le plus important est la stabilité des réserves, la diversification des formes d’épargne et l’assurance contre les sanctions. En effet, l’or n’est pas un actif soumis aux risques de sanctions.

L’or national

Pratiquement tout l’or produit en Russie est acheté par la Banque centrale. L’acquisition de l’or monétaire — or la Russie le fait uniquement sur le marché intérieur — est une puissante mesure de soutien au secteur minier, qui produit près de 300 tonnes de ce métal précieux chaque année.

L’an dernier, la Banque centrale a acheté 274 tonnes sur les 314 tonnes produites en Russie, soit près de 90% de la production. Les achats sur le marché intérieur sont un autre facteur de maintien des prix de l’or.

La Russie ne fournit pratiquement pas d’or sur le marché mondial. Selon le ministère des Finances, les exportations ont été divisées par 3,3 par rapport à 2017, pour passer de 56,6 tonnes à 17,05 tonnes.

Les prix continueront d’augmenter

Les analystes sont persuadés que la croissance du marché de l’or se poursuivra. Comme le signalent les plus grandes banques d’investissement, le fonctionnement ininterrompu de la planche à billets menace de plus en plus la stabilité de l’économie mondiale, ce qui fait augmenter les prix des actifs réels.

Dans le même temps, selon les prévisions de Goldman Sachs, la production mondiale d’or est appelée à diminuer dans les années à venir. D’après la compagnie minière Goldcorp, la production de ce métal précieux baissera jusqu’au niveau du début du XXIe siècle d’ici 2022. Selon l’agence géologique américaine, au rythme actuel d’extraction les réserves d’or de la planète seront épuisées en 2034.

Si la dynamique des achats de ce métal précieux était maintenue, or actuellement la Banque centrale échange ses dollars contre des lingots à une vitesse inégalée depuis 12 ans, d’ici quatre ans les réserves d’or russes pourraient réitérer le record soviétique.

Source Agence russe Sputnik.com ici

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