C’est un article pertinent à mon sens du Figaro (source ici) et intitulé « Les haut placés sont clairement les moins heureux de la boîte »… Ces employés qui refusent une promotion »
D’après une étude de l’agence d’emploi Randstad environ 50 % des employés refusent des promotions,.
« Ce n’est pas tous les jours qu’on peut surprendre son patron. Et pourtant, lorsque fin décembre, William, data analyste, a refusé la promotion proposée lors de son entretien annuel, il admet avoir vu son N + 1 choqué pour la première fois. Pourtant, il l’assure, son « non » était parfaitement justifié : « J’aurais eu beaucoup plus de missions, j’aurais dû gérer les gros dossiers. Honnêtement, ça aurait été beaucoup plus de pression, trop, et j’ai décliné sans regret ». Son constat se veut limpide : « Pour 150 euros net de plus, ça n’en valait pas le coup. » »
Ce qui se passe est une dérive totalement hallucinante du système « RH » ces 20 dernières années.
Une promotion managériale s’accompagne d’augmentations tellement maigrelettes qu’elles n’intéressent plus grand monde.
Il n’y a plus de progressivité des salaires quand les responsabilités augmentent et c’est un phénomène général.
Ce phénomène touche particulièrement ce que l’on appelle le « middle management », autrement dit les petits chefs, les gardes chiourmes du système de qui l’on exige tout sans rien donner, ni argent, ni réellement pouvoir de sanction ou d’augmentation de ses troupes, qui doivent mettre la pression mais sans risquer le harcèlement, produire les chiffres attendus et atteindre les objectifs les plus délirants avec toujours moins de monde et finir par remplacer les malades et les absents.
Ce sont des postes généralement impossibles à tenir, où on vous demande une dose de méchanceté et de cynisme accompagnée d’une obéissance totale en étant corvéable à merci pour espérer passer à l’échelon suivant pour 90 euros bruts mensuels de plus.
Dans ces conditions cela ne se bouscule plus au portillon.
Lorsque j’étais à la banque, ce qui fait tout même 15 ans maintenant, j’avais déjà refusé un poste de « manager » exactement pour ces raisons. Fouetter les gens ? Sans moi.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
Charles SANNAT
« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
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Il y a quelques années, je suis passé de simple livreur de pizza en scooter à responsable de service. Pour ouvrir, fermer le magasin, gérer les employés et la caisse, gérer le respect des normes et les clients, j’ai eu droit a 20cts brut de l’heure en plus. Jamais je ne reprendrai ce type de responsabilité pour ce montant. Le salaire devrait au moins doublé à chaque échelon de responsabilité supérieur.
Je l’ai vécu aussi en refusant un poste de régional.
Il y a 20ans déjà …
Il ne me restait plus qu’à monter ma propre boite et la revendre 10ans plus tard pour enfin sortir de ce système pourri et ne plus participer à ça.
C’est la suite logique, quand on s’en donne les moyens bien sûr …
Beaucoup de jeunes arrivent dans ma campagne, artisans, paysans, maraichers … Ils veulent de l’authentique et surtout ne plus mettre sa force de travail au profit d’un système pourri !!
Je comprend très bien qu’un individu intelligent et soucieux de sa qualité de vie refuse une augmentation pour une promotion et préfère continuer à vivre tranquillement avec son salaire surtout s’il n’a pas besoin de plus, la qualité de vie, ça n’a pas de prix, par contre les emmerdements liés à des postes ou vous pouvez être tenu responsables des conneries faites par vos subordonnés et la charge de travail qui va avec, à fuir … ou alors monter sa boite et travailler pour soi …
Ces postes qui demandent effectivement « une dose de méchanceté et de cynisme » attirent très majoritairement des personnes narcissiques. Qui adorent les réunions, devoir se battre en permanence pour assoir son autorité auprès des autres chefs, faire preuve de loyauté, même quand on vous demande d’aller dans la mauvaise direction. C’est une perte de liberté presque totale. Il faut avoir la couenne dure, que les soucis vous glissent dessus.
Tout cela pour gagner un peu plus, payer plus d’impôts.
Autour de moi, c’est près de 90% des personnes qui refusent de prendre des postes plus élevés. Ce sont ceux qui ne s’éclatent pas à leur poste qui cherchent à prendre le poste au dessus.
On ne parle généralement pas des cadres intermédiaires sans pouvoir, sans salaire à la hauteur, sans évolution possible mais avec tous les risques et inconvénients. Et pourtant: ils doivent manager sans pouvoir de sanction, commander sans être légitimé, dire ce qu’il y a à faire sans bousculer, réorganiser sans rien changer. Voilà ce que sont, dans les grandes lignes, les missions du cadre intermédiare…. et devinez quoi ? Il gagne moins que son N-1, qui lui, avec sa seule ancienneté, gagne nettement plus…. Pourquoi s’emmerder avec la paperasse, les responsabilités, le management, les réunions, les objectifs, et surtout….une Direction carriériste qui ne pense qu’à sa propre promotion et son salaire mirobolant, qui ne soutient pas ses subalternes pour « ne pas faire de vagues » !
A mettre en parallèle avec les augmentations de salaires refusées faisant perdre des prestations sociales et des charges patronales délirantes à partir de 2 fois le SMIC. On est mal !
Le système s’est pourri de lui-même avec le relationnel qui s’est installé entre les échelons de la hiérarchie.
Sans vouloir défendre bêtement un « patron » (j’ai été artisan), il faut bien comprendre qu’un salarié coûte une blinde en charges en plus de son salaire net. Alors filer une augmentation, dont je ne discute pas la légitimité, c’est augmenter encore le poids des charges que la boîte devra bien payer un jour ou l’autre.
Le social qu’il faut alimenter flingue le pays.
Quant aux syndicats ils ont une part de responsabilité avec leur mentalité permanente anti-patron qui n’a fait que durcir le relationnel. J’ai croisé des cégétistes, bonjour les dégâts !
Bonjour Charles. Tout est dit. J’ai quitté mon poste de cadre pour les mêmes raisons. Dans le milieu médical c’est terrible car s’ajoute la maltraitance avec les patients par manque de moyens…ma prime d’encadrement : 90€. Je l’ai perdu certes, mais je rentre du boulot avec le sentiment d’avoir été soignante. Belle journée
C’est pour ça qu’ils font monter les brêles, bien plus malléables que les lions… Ils mettent en place les béni-oui-oui : surtout pas de récalcitrants qui réfléchissent quelque peu. Surtout, qu’ils ne fassent pas d’ombre à la hiérarchie. Quand ils ne trouvent personne, ils créent un service à la (petite) mesure du de « l’heureux élu ». C’est pareil en politique : C’est ainsi qu’au final nous sommes gouvernés par des médiocres. Les gens intelligents n’entrent plus en politique : ils fuient un système inquisitorial et dictatorial.
Bonjour à tous,
mon fils vient de refuser un poste de chef d’équipe de maintenance à 26 ans. Je lui ai demandé si il était sérieux et il m’a répondu que pour 80 € de plus par mois il allait se retrouver à remplir des paperasses en plus de son boulot et prendre les engueulades en cas de souci. L’an prochain il passe automatiquement technicien expert (robotique) et qu’il aura 95 € de plus par moi avec 10 fois moins d’emm…… . Que répondre à ça? De mon temps ça valait le coup de prendre des responsabilités et on avait la pression de la hiérarchie mais pour 30 ou 40% de salaire en plus. Décidemment, tout part en cacahuète.
Avec le recul, je me dis que j’aurais dû refuser ma promotion. Elle ne m’a rien apporté car mon salaire de cadre ne bénéficiait plus des augmentations générales et les augmentations individuelles n’en parlons pas.
Plus de responsabilités et de tracas pour pas grand chose au final
Effectivement, ce système dure depuis bien plus de 20 ans
Une copine est tombée dans le panneau récemment dans une collectivité : 150 balles brut pour devenir le manager de ses (ex)collègues, pas de soutient de ses « nouveaux » n+1, on lui a caché un certains nombre de projet « moisis » qu’elle doit maintenant gérer ET cerise sur le pompom, tout en gardant les missions antérieures ! Elle serre les dents…
« Plus personne ne veut devenir chef »
Pas d’accord. Le boulot des chefs a changé.
Il y a encore 20 ans, un chef était une personne qui était au coeur de l’action et qui pouvait organiser le travail au sein d’une équipe car il connaissait le travail.
Maintenant un chef est une personne qui saisit des données pour faire des KPI et qui fait du contrôle.
Contrôle que les personnes ont bien saisi leurs activités, qu’elles ont bien rempli les futurs congés, …
Et qui devient chef ? Les incompétents et/ou ceux qui n’ont pas assez d’activité et pour eux, devenir chef est un objectif.
…en 20 ans de boîte, j’ai refusé 5 promotions de « middle management », et tous ceux qui les ont acceptées, l’on amèrement regretté, pour toutes les raisons citées, sans oublier les collègues qui te méprisent, qui ne te propose plus d’aller boire un coup après le boulot, la mauvaise haleine à forcer de lécher le cul du N+1…
Pour compenser, je fais les brocantes, les vides greniers et les trocs en tout genre, 4-5 photos et je vends sur les plates formes d’occasions en ligne ! J’ai acquis une bonne expérience pour dégoter des objets utiles, que j’ai pour pas cher et je revends avec une belle marge. Au point d’avoir réduit mon temps de travail. J’adore ça, moins de travail, moins d’impôts, moins de problèmes, plus de temps libre, plus de tunes ! De la pure motivation, mon gars ! (IAM)
Alors que le creux du ratio compensation/effort touchant le middle-management aurait pu être comblé par la compétence en IA en tant que vaste domaine complexe à forte valeur ajoutée, c’est tout le contraire qui se produit avec l’IA Gen, réduisant tout le domaine IA au prompt engineering et à quelques compétences de surface – e.g. workflows « IA agentique », RAG, LoRA – à la valeur ajoutée improbable, forcément (95% de projets sans suite).
Il se peut donc mécaniquement que le creux du ratio se propage rapidement sur les classes voisines de la hiérarchie avec, pour le bas, des licenciements obervables en premier lieu (e.g. Société Générale, Cap Gemini, …) et à suivre, l’éjection de top-level managements en échec malgré des rémunérations (artificiellement) gonflées… (la petite logique de l’ordre des choses ?)
Encore une fois,
Aujourd’hui les salaires sont tassés par le smic avec effet tas de sable. Le salaire mensuel médian est de 2 183€ et le smic à 1 823€ ! A peine 20% d’écart !
Demandons l’indexation des grilles salariales sous le salaire médian !
C’est exactement ça: j’ai eu la possibilité de gravir un échelon et me retrouver avec un « bel » emploi d’encadrement. Bravo! Ah oui? Perte de certains avantages, de télétravail, plus de frais de déplacement, rappelable à tout moment 365j./an, gestion au fouet d’une bande de gens plus forcément motivés, parce que leurs avantages avaient été rabotés, et le tout pour – roulements de tambour – une grosse centaine d’euros/mois. Non merci! Pas mal de temps plus tard, l’emploi était toujours vacant: bizarre, non?
@Galambda sur 5 février 2026 à 8 h 28 min
Comme quoi beaucoup de jeunes sont autre chose que des profiteurs et des assistés…
J’ai vécu le même refus il y a 50 ans. La raison donnée par le cadre moyen fut: » Je gagne ma vie ici et je la vis dehors. Ce nouveau poste augmentera trop mon emploi du temps
ici et réduira trop mon temps ailleurs. »
C’était la grande époque hippie et celle du choix de vie. Pas encore celle du coût de la vie.
Je ne lui en ai pas voulu et il a gardé le poste qui lui allait bien.
Pareil dans la grande distribution, seules les primes sauvent un peu le truc, mais quand je vois mes managers ( qui au passage sont très humains je m’estime chanceux ) pour autant vue leur amplitudes horaires je ne voudrais pas de leur poste.
Belle analyse, valable encore plus dans le service public: être « petit chef » est un état dont j’essaie de sortir désespérement….
Quand j’y suis arrivé (il y a presque 30 ans) les mentalités n’avaient rien à voir et à défaut « d’argent » il y avait encore de l’autonomie, de la confiance, des possibilités d’initiative, un certain pouvoir sur les agents (accorder une petite prime, une mailleure note,…).
Tout cela a disparu…..Un de mes collègues plus jeune s’est vu proposer le mois dernier un poste de « chef de pôle » nous en avons longuement discuté, et quel que soit l’angle d’attaque, la balance avantages sur inconvenients était toujours défavorable…
Il a refusé pour toutes les raisons que vous décrivez, ce qui prouve qu’il a encore une certaine santé mentale…
Mon fils qui travail dans le nucléaire avait été promu avec une prime extraordinaire de 150€ supplémentaires par mois. 25 personnes a gérer, toujours des problèmes a résoudre, plus d’heures de boulots et finalement il a démissionné pour aller travailler ailleurs ou il est mieux payé, travaille moins d’heure avec moins de responsabilité !
Et surtout il ne veut pas de postes de chef !
Quand mon Manager s’est fait « remercier », dans une boite où je bossais il y a longtemps, j’ai hérité de sa place vu que j’étais son bras droit…
Et cela ne m’a pas plus du tout ! Gérer les conflits entre membres de l’équipe, décider de qui part en vacances, ou pas, etc… très peu pour moi !
Alors j’ai changé de boite pour reprendre un poste comme celui que j’occupais avant ma promotion ! A l’entretien d’embauche, quand on m’a demandé pourquoi, je leur ai expliqué le Principe de Peter !!
Et depuis j’ai toujours trouvé du travail ! Car je préfère être un expert à mon poste qu’un manager incompétent 😉
Le salaire est devenu le montant le plus petit possible pour vous permettre (et vous obliger) de revenir le lendemain.
Et on vous met en concurrence avec des chômeurs dont les droits sont rabotés chaque année, voir avec des étrangers qui acceptent n’importes quelles conditions de travail.
L’argent, au capital, pas au travail !
Vous qui vantez le travail (comprendre emploi) et qui connaissez l’entreprise, vous devriez le savoir.
Et encore 150 euros nets c’est beaucoup ! Dans ma boîte, les avancements sont pour les jeunes de l’ordre de 130 euros. Et ils sont un peu plus fréquents si tu prends des postes merdiques. Pas tres motivant.
Il y a une expression qui s’applique au middle management : « entre le marteau et l’enclume ».